FREQUENCE CARDIAQUE VS PUISSANCE

Deux indicateurs permettent « objectivement » de mesurer l'effort à vélo : Le premier : le cardiofréquencemètre utilisé depuis de nombreuses saisons. Le second : le capteur de puissance largement utilisé chez les Elites se démocratise de plus en plus chez nombre de pratiquants.

Par Jacky HARDY

5/9/20263 min temps de lecture

Puissance et fréquence cardiaque : deux mesures différentes et complémentaires

La puissance est la valeur instantanée exprimée en watts de l’effort, alors que la fréquence cardiaque reflète l’adaptation cardiaque de l’organisme à l’effort. La fréquence cardiaque a toujours un décalage adaptatif (ou dérive cardiaque) par rapport à l’effort produit, elle commence à augmenter au début de l’effort.

C’est ce qui différencie les deux données. Au début de l’effort la puissance s'affiche dès le premier coup de pédale alors que le cœur va mettre un peu plus de temps à réagir ; inversement, dès que vous arrêtez de pédaler la puissance chute instantanément, alors que votre fréquence cardiaque mettra un peu plus de temps à baisser.

La puissance est une mesure DIRECTE de l’effort, alors que la fréquence cardiaque est une mesure INDIRECTE.

Ne pas ignorer non plus que si la fréquence cardiaque reflète l’adaptation de l’organisme à l’effort elle peut être "faussée" par d’autres facteurs tels que la maladie, la digestion, le stress, la fatigue, la chaleur, ou tout simplement une récupération insuffisante, etc.

La fréquence cardiaque comme valeur indirecte n’indique donc pas forcément que les performances s’améliorent alors que la mesure de la puissance est une donnée directe plus objective et plus facilement comparable par rapport aux niveaux d’intensités de l’effort.

Les watts qui donnent une mesure instantanée sont donc la mesure la plus précise à utiliser à l’entraînement (comme en compétition).

Cependant, il est intéressant de rapprocher les deux mesures dans l'analyse des entrainements et plus encore lors des TESTS dits reproductibles c'est à dire des tests réalisés avec des protocoles identiques.

Par exemple, si au tout début d'un second test d'évaluation de la PMA on constate que la fréquence cardiaque est majorée par rapport au premier test il est quasi probable qu'on ne puisse pas égaler ni améliorer la PMA. Dans ce cas, il est préférable de stopper le test, de rechercher les causes objectives de la majoration de la fréquence cardiaque le plus souvent due à une fatigue passagère, une récupération insuffisante. Dans ce cas, il faut re-programmer un test à réaliser dans de meilleures conditions avant de réajuster les zones.

On peut dire que le capteur de puissance est à même d’estimer l’efficacité de la progression en comparant la fréquence cardiaque (majorée ou minorée) à la puissance développée en valeur constante.

Il faut savoir aussi que la puissance est à pondérer par les caractéristiques propres à chaque cycliste. Deux coureurs roulant à la même vitesse, ont peu de chance de développer la même puissance. Des paramètres individuels comme l’aérodynamisme et surtout le poids influent sur la force à développer pour se déplacer. A PMA identiques le cycliste le plus lourd devra appuyer un peu plus sur les pédales pour rouler à la même vitesse que son camarade.

Exemple à PMA identiques de 450 watts : Coureur plus léger : PMA 450 watts / 75 kg = 6 watts/kilo - Coureur plus lourd : PMA 450 watts / 85 kg = 5.29 watts/kilo

Plus que la puissance développée, c’est le rapport poids / puissance qui prime.

On peut donc conclure qu’en s’entraînant avec un capteur de puissance, il est plus précis de travailler exactement à la bonne intensité, la puissance reflètant l’effort produit à l’instant T. Le cardiofréquencemètre n’étant pas pour autant une "seconde donnée" car l’analyse conjointe des watts et de la fréquence cardiaque permet un suivi fin des performances et de leurs variations.

Un test d’effort est le passage obligé pour définir objectivement les données : puissance et fréquence cardiaque